Concert samedi 7 décembre

L'association « Des musiques & des Hommes » propose un beau programme équilibré en hommage à Maurice Ravel.



Samedi 7 décembre 2013, 20h30
Paris 6e, Temple du Luxembourg, 58 rue Madame


Maurice Ravel & les Tziganes

Éléonore Darmon, violon
Julien Libeer, piano

Le Tombeau de Couperin
Sonate no 2 en sol majeur
Tzigane



Le Tombeau de Couperin pour piano, grandiose et délicat exercice, non pas dans le style ancien comme on aimait le faire à l'époque de Ravel, mais dans une traduction ravélienne d'une suite imaginaire qui aurait pu être du Grand Couperin (Prélude, Fugue, Forlane, Rigaudon, Menuet, Toccata). Hommage au grand Couperin, hommage à la France en guerre, la composition s'étale de 1914 à 1917, hommage aux amis disparus dont chaque page leur est dédicacée. C'est une pièce majeure du répertoire pianistique, par sa beauté, une douce nostalgie générale sans molesse, et sa belle luminosité.

La seconde et dernière sonate, composée entre 1922 et 1927 — Ravel ne fait pas de séries dans un même genre — nous mène vers les Amériques le blues et le jazz. Elle tranche sur la première œuvre par sa fantaisie débridée, ses facéties et moqueries qui ont dû faire grincer les dents à l'époque, comme pratiquement tout ce que qu'il composait et faisait.

Enfin, pour finir, un joyau, Tzigane, de 1922-1924, qui nous rappelle que Ravel était très inspiré par L'Espagne, pays natal de sa mère, et nous dévoile son génie de styliste. On pourrait comparer Maurice Ravel à un styliste de haute couture, inspiré par des choses de la mode et du quotidien absorbées dans des projets féériques, pourtant dessinés de lignes pures, de netteté, de clarté. C'est le fondement même du théâtre où le faux est plus vrai que le réel.

Jean-Marc Warszawski


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